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réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité

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Le spectre de la barbarie

Le spectre de la barbarie

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              L’humanité, dans son ensemble est de plus en plus consciente de sa responsabilité à l’égard de la planète et du règne du vivant sous toutes ses formes.

               La barbarie à « visage humain » n’ a pourtant jamais provoqué autant de victimes et d’atrocités et donné une image aussi négative de l’homme. Nos cultures et nos systèmes politiques cependant se prévalent des Lumières qui prônent  le respect de la personne humaine, l’ égalité devant la Loi, l’accès à la culture et au partage équitable des biens de ce monde !

             Faut-il sombrer dans le pessimisme le plus noir ?

Nos sociétés, prétendument développées, n’ont jamais connu un tel degré de confort matériel. Jamais autant de richesses n’ont été produites.

           Jamais autant d’hommes n’ont eu accès à des conditions de vie décentes et à la culture ! Jamais autant n’en ont été exclus ! La répartition des richesses est donc, à l’évidence, inéquitable. Elle n’a jamais provoqué autant de frustrations et de convoitises !

            La croissance exponentielle du genre humain en est-elle responsable? Il paraît en effet que les colonies de rats en surnombre se dévorent ! Les rats sont certes des animaux beaucoup plus intelligents que nous ne le pensions.
            Pourquoi notre comportement nous fait-il ressembler à celui des rats? Comment nous en différencier ?
Différons-nous fondamentalement du règne animal, comme les religions du Livre l’ont affirmé, pour nous mettre peut-être en face de nos responsabilités ? Il nous est difficile aujourd’hui de renier nos ancêtres les plus humbles qui nous ont précédés dans la longue séquence de l’évolution. Nous sommes au même titre que certaines espèces d’insectes ou de mammifères, des animaux sociaux.

           Mais l’évolution nous a dotés de capacités qu’ils n’ont pas! Cette aptitude notamment à former des idées abstraites, à dépasser notre condition matérielle, en approfondissant notre connaissance de la Nature, en la copiant par nos créations techniques, en la transcendant enfin par la pensée et l‘art.

           La Nature nous a fait cadeau de ce pouvoir de nous projeter au delà de nous-mêmes, de nous situer dans le temps, qui fuit à mesure que nous croyons le saisir et nous projette dans un avenir que nous aimerions décrypter. Elle nous permet même d’échapper au milieu dans lequel elle nous a conçus, pour nous projeter jusqu’aux origines de l’immense Univers responsable de notre présence sur notre petite planète, atome de matière- énergie, perdu dans un « océan » insondable.

              Il y a de quoi déprimer certes quand nous prenons conscience de notre solitude et de notre finitude ! Il y a aussi de quoi espérer en notre capacité à faire régner sur ce minuscule oasis, des conditions optimisant la vie de chaque être humain.

              Sommes-nous sur la bonne voie? Les nouvelles de la planète diffusées par les médias ont de quoi nous en faire douter ! Ce bilan teinté de pessimisme est-il faussé par l’audimat ? Hélas non. Même si derrière les faits à l’état brut, se profilent des intentions de convaincre, de justifier telles ou telles causes, ou de conjurer leur répétition; la volonté d’imposer par les moyens les plus violents, les plus destructeurs, une puissance ou des avantages acquis, est évidente.

            Mais surtout cette capacité que nous a confié la Nature de créer un univers où nous lui laissons de moins en moins de place , nous conduit à oublier que les techniques que nous inventons doivent servir et non, nous asservir, ou... nous permettre d’asservir nos semblables.

Nous avons pris conscience de notre capacité à transformer notre cadre de vie et à utiliser la nature à notre seul profit, sans nous soucier des équilibres que nous détruisons.

            Le but avoué de notre économie est de produire toujours plus. Le Marché doit donc pouvoir absorber ces produits innovants que nous sommes condamnés à produire en quantité croissante pour que le système fonctionne ! Pour réguler la machine économique il faudait donc distribuer un pouvoir d’achat équivalent aux produits proposés. La course à l’enrichissement permanent et à la paupérisation des plus faibles, est donc ouverte. Pour palier aux déséquilibres qui guettent le système, tous les moyens pour « s’enrichir » sont donc recommandés. Les plus habiles trouvent des procédure « élégantes » pour doper la machine, jusqu’au moment où elle s’enraye et explose.

             Nous avions oublié que dans un monde rétréci par la rapidité de la transmission de l’information, la contagions de tels désordres est planétaire.

             Mais ce qui est beaucoup plus grave, c’est que cette course au profit augmente les déséquilibres planétaires qu’elle rend insupportables. Elle attise donc les envies, les frustrations. Elle fait renaître le spectre des solutions totalitaires qui ont ensanglanté la planète entière au XX° siècle. Elle dissout le lien social, la cohésion de nos sociétés, déjà fragilisées par l’urbanisation galopante et l’individualisme forcené, engendré par une mécanisation qui nous isole, en créant une fausse impression d’indépendance.

             Dès lors, les plus fragiles sur le plan matériel et culturel, sont tentés par la ghettoïsation et le recours aux violences barbares des sociétés primitives. Les plus doués cèdent à la tentation du profit exponentiel qui accroît le sentiment d’injustice !

            Nos démocraties fondées sur des structures de plus en plus complexes dont la clef de voûte est assurée par la philosophies des Lumières, résisteront-elles à ce retour de « la barbarie à visage humain » qui envahit nos sociétés?

           Nous avons fait table rase de toutes les structures qui consolidait le lien social . Au nom de l’authenticité, nous avons aboli joyeusement tous les rituels sociaux, toutes les « croyances ».

           Nous avons fait imprudemment le pari de la sagesse de notre espèce, capable, pensions-nous, de faire triompher l’image d’un homme libéré de toutes les servitudes que les sociétés anciennes faisaient peser sur l’individu.

           Faut-il y renoncer à cet espoir? Certainement pas. Mais il faut sans doute accepter l’idées que tous les êtres humains ne sont pas capables de se laisser guider par la seule raison. On peut même douter que les plus doués d’entre nous ne soit pas tentés de profiter de leur supériorité intellectuelle pour imposer à leur semblables des conditions de vie inadaptées à leurs besoins. Ce qui fait en effet la richesse de notre espèce c’est cette diversité des solutions existentielles adoptées par chacun. Il faut nous garder d’imposer une pensée dominante même si nous pensons qu’elle est la « meilleure » et que toutes les autres sont dangereuses !

             N’oublions pas que la quête du "Graal ultime" , religieux , philosophique ou idéologique, vérité définitive à imposer; est une dangereuse utopie, responsable de millions de victimes innocentes.

            Cette tentation récurrente de notre espèce pourrait sonner la fin de l’ « aventure humaine » dans un « feu d’artifice final » effaçant à jamais toute trace d’une histoire pleine de fureur et de sang !!!

 

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