réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité
Un hymne à l’amour dans « Un clin d’œil des étoiles »
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Cette « proclamation »peut paraître paradoxale au lecteur.
Le conte en effet décortique au cours des « expériences » de nos deux héros, les disfonctionnements et les scandales de notre société. Il s’agit donc d’une critique impitoyable, parfois féroce du comportement de la plupart des acteurs les plus influents de notre temps. Haine ou amour? Les tragédies de Racine nous ont certes appris que ces deux sentiments étaient proches l’un de l’autre, comme les deux faces de la même médaille !
Il n’y a guère de place dans ce conte, pour l’amour entre les sexes. Il est juste évoqué par allusions ! Ce "désert de l’amour", expression mauriacienne, est plutôt amer et dévalorisant. Le lecteur est donc conduit à se demander si mon projet n’est pas essentiellement destructeur, déstabilisateur et même nihiliste ! Il m’a paru nécessaire, en effet, de déconstruire( le mot est à la mode), de mettre en évidence les stratégies des" stratéges" de l'enrichissement personnel, au détriment du tissu social extrêmement fragile de nos sociétés. Mon propos est de montrer que de tels errements appellent précisément l’attitude inverse, la rende nécessaire et quasiment inévitable.
Cultiver l’amour de l’autre, prôné par les religions, ce n’est pas à la portée de tout un chacun ! Nous devons en effet nous battre pour « exister » au sein d’une société de plus en plus individualiste et compétitive, sans pitié pour les plus faibles! Mais aimer, est-ce un sentiment purement platonique, une sensiblerie proche de la pitié, de la commisération, plus que de l’estime ?
En effet le commencement de l’amour est, me semble-t-il, le respect, la prise en compte de la valeur irremplaçable , exceptionnelle de l’autre. Nous sommes bien encore là dans le domaine du rationnel, de la comparaison, de l’appréciation, de la mesure d’une valeur.
Il y a ensuite un saut « qualitatif » à faire, pour dépasser ce stade de la relation sociale, interpersonnelle et s’élever à celui de la « fusion » qui rapproche deux êtres, effaçant partiellement leurs différences en les invitant à « communier » dans une vision d’un avenir partagé.
Ces deux niveaux de relation au sein d’une société me semblent complémentaires. Ils conduisent idéalement à l’apaisement des tensions sociales, par la reconnaissance que l’autre n’est pas seulement un adversaire. Ils permettent aussi la constitution de groupes associatifs de nature diverse, dont le couple et la famille sont les modèles imposés par notre culture chrétienne occidentale. Je n’ai fait bien sûr qu’ébaucher ces questions, car il s’agit d’un conte, pas d’un roman, ou encore moins d’un savant traité.
J’ai voulu insister cependant sur les aspects valorisants de la relation sexuelle( Cunégonde) qui dépassent le seul plaisir physique légitime, dans la complémentarité et la fusion de deux êtres.
L’amour plus éthéré du Petit Prince pour sa rose, qui incarne ce désir de contraindre l’autre à aimer, par des stratégies d’effacement et de coquetterie; représente un autre volet de ce jeu amoureux, à l’œuvre dans toutes les sociétés humaines au cours de l’histoire.
Enfin, le symbole des étoiles ouvre, à mon sens, sur une autre dimension de l’amour . Sources de vie , elles suggèrent l’aspect paradoxal de la condition humaine limitée par l’espace temps, le cadre incontournable de l’ existence et illimitée dans ses ambitions ses désirs et ses rêves. Notre aventure, bien qu’ éphémère individuellement, est célébrée et prolongée par l’histoire de l’espèce, même si nous n’en écrivons qu’une page, pas toujours géniale, ni glorieuse, mais comme fixée dans le marbre du souvenir de nos proches.
Nous ignorons certes, si ce souvenir de l’aventure humaine ne s’effacera pas un jour dans l’embrasement de la planète ou de l’Univers. Nous ne savons pas si notre réduction à l’état de particules très élémentaires, sera , comme le promettent les religions monothéistes, suivie d’ une résurrection glorieuse ! La science nous révèle seulement que l’évolution de la matière énergie, de niveaux d’organisation en niveaux d’organisation, nous a dotés de cette capacité unique à transformer l’utopie en réalité. Elle nous conforte donc dans l’idée que nous ne pouvons être réduits à cet agrégat d’atomes que l’Univers a élaboré. Nous sommes et nous valons infiniment plus !
Cette constatation nous projette dans une autre dimension de notre existence, celle de l’être, de notre raison d’être.
Au moment où notre espèce doute d’elle même et de la voie à suivre, cette capacité de projection au-delà de l’espace temps, notre limite, nous laisse espérer que nous ne sommes pas seulement une population de mammifères évolués et rivaux pour la possession d’un espace de plus en plus restreint et l’appropriation de toujours plus de biens.!
L’évolution, amorcée dès le B.B. et poursuivie dans le cœur des étoiles, nous convie à accepter des responsabilités beaucoup plus ambitieuses : achever cette construction de l’homme qu’elle n’a qu’ébauchée.