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réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité

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Physiqueet métaphysique

Physique et métaphysique.

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              Je crois nécessaire de revenir sur ce débat difficile, abordé succinctement dans « Un clin d’œil des étoiles ».

             Ce sont deux domaines de la pensée humaine apparemment totalement opposés.

             La physique en effet se propose de décrypter les lois qui gouvernent l’Univers. La raison forgée par la philosophie, légitimée et formatée par les mathématiques, lui sert de guide et de méthode.

             La métaphysique prétend explorer et « justifier »les fondements de notre être au monde et même un au-delà du monde. Elle fait la distinction entre l’existant et l’être qui en serait le fondement. La raison qui la guide ne s’appuie pas sur les mathématiques. Elle cherche à prendre dans le filet de ses concepts, les structures ultimes de notre pensée. .

             Les domaines de ces deux disciplines sont donc ,à première vue, totalement opposés. Au monde des phénomènes se substituerait une sur- réalité accessible seulement à la raison discursive ou … à la foi.

            La physique explore les substructures de l’existant, la métaphysique les raisons profondes de l’émergence de la conscience et de l’intelligence humaine !

            Mais ne correspondent-elles pas d’abord au même désir d’élucider l’origine, obscure et voilée d’une réalité déconcertante qui se dérobe au moment même où nous croyons la saisir? Pour la physique bien sûr, il s’agit de la réalité phénoménale, pour la métaphysique d’une réalité, émergent de la matière, mais échappant aux lois de la Nature.

           La physique ne propose pas un sens à notre présence sur la planète Terre, mais elle nous oblige à reconsidérer notre vision du monde donc de notre être au monde. Elle n’impose pas une sorte de justification des capacités exceptionnelles dont l’évolution nous a dotés, elle en explique l’origine et démontre la puissance de «pénétration» de ces facultés .Elle explore cependant une Nature qui garde jalousement ses « secrets ». Car les « vérités » qu’elle dévoile ne nous sont pas directement accessibles. Elle nous projette donc dans des dimensions interdites à nos sens. Elle nous invite à une plongée au cœur de la matière énergie et nous fait accéder à des mondes au-delà de notre espace-temps. Comme la métaphysique, elle nous introduit donc dans un domaine que la pensée seule permet d’explorer. La différence fondamentale bien sûr ,c’est que le monde des physiciens est seulement accessible à la raison mathématique. Est-il donc pour autant extérieur à la culture et accessible à un petit nombre d’initiés?

             Une question s’impose alors. Si les mathématiques sont le langage de la Nature, sont-elles la seule voie par laquelle l’homme puisse expliquer son être au monde et son intuition d’être aussi au delà du monde. Ce n'est pas leur rôle me répondrez-vous.

             Les philosophes présocratiques avaient accepté ce défi. Ils ne séparaient pas les deux domaines. Ils n’en avaient pas moins pris leur distance avec les mythes grâce à la géométrie. Ils imposaient une nouvelle vision du monde qui remplaçait le langage fondateur des mythes, par celui de la mécanique. Mais leur recherches ne semblaient pas imposer l'idée que la raison humaine était  l’apanage des seuls mathématiciens? Les mathématiques sont certes un instrument prodigieux qui nous dévoile les ressorts secrets d’une nature voilée à nos sens, dont la «finalité» évolutive est avant tout l’adaptation au milieu, avant de « créer » de la conscience et de l‘intelligence discursive.

             Mais c’est ce milieu structurant lui-même que nous avons fait éclater aux dimensions de l’Univers et peut-être au delà du monde clos que nos instruments «perçoivent » . Ce coup de sonde au-delà de l’espace- temps, révèle une aptitude qui semble achever et dépasser cette évolution créatrice dont nous sommes la « grande oeuvre ». Elle nous a merveilleusement doté de la capacité de transcender nos racines terrestres, de nous projeter par la pensée toujours plus loin , toujours plus profond, dans une vision du monde toujours plus invraisemblable et utopique. L’évolution créatrice nous aurait-elle fait don de son aptitude à créer ?

             C’est peut-être ce rôle de démiurge de la Nature que la physique, à la fois revendique et repousse. Elle craint d’y oublier ses racines purement rationnelles. La froideur et la neutralité des mathématiques lui permettent de tenir à l’écart cette « tentation » de l’existentiel qui assaille tous les humains à un moment ou à un autre de leur vie.

             Mais en imposant une vision du monde déconcertante, elle rappelle  d'une certaine façon les mythes créateurs. Elle entre en tout cas  dans le domaine de la culture, marque distinctive de l’humain. Elle suggère une certaine conception de la condition humaine.                     
            Sommes-nous alors dans le domaine du religieux, i.e. de la relation à l’autre par l’intermédiaire d’une sur-réalité, l’Autre? Certainement pas !

           Pourquoi ces deux domaines de la pensée sont à la fois si proches et tellement distincts et même antagonistes? Ne serait-ce pas à cause de la tentation de puissance qu’ils peuvent s’arroger sur le comportement des individus?

            La « récupération »des découvertes de la physique par la techno-science ,cette servante qui impose son savoir faire, au détriment parfois de la connaissance, fait oublier le sens qu’elles suggèrent.
            La métaphysique elle même sert de faire-valoir à des religions au militantisme dogmatique, aliénant, parfois même oppressif.

          Ainsi, me semble-t-il, s’est creusé le fossé qui sépare deux aptitudes humaines éminentes et complémentaires de notre espèce.

 

 

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