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réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité

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"Etre ou ne pas être"

"Etre ou ne pas être" ?

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              Exister ou être ? L’être ou le néant ? Questions que la philosophie moderne n’a pas écartées !

               Cette problématique de notre destin d’ « être au  monde » a hanté la philosophie depuis ses origines grecques; peut-être même depuis que l’homme a pris conscience de sa finitude, i.e. de son «être au monde» provisoire, inconciliable avec une pensée qui refuse nos limites spatio-temporelles

                Comme Candide l’explique dans le conte, si Dieu existe, il émerge comme nous, de la matière-énergie, sa propre création pourtant. C’est une contradiction assumée par les mythologies, contournée par la théologie, refusée par la philosophie. L’existence en effet est réductrice. Elle limite, elle circonscrit dans le temps et l’espace. Elle est donc incompatible avec l’idée d’un dieu transcendant dont l’être émerge progressivement de la Bible, histoire de la genèse de l’idée de Dieu, et s’impose avec l’Islam, héritier de cette pensée.

             La métaphysique a distingué, depuis sa rupture avec la mythologie, l’être, fondement ultime de toute « réalité » et l’existant, son émergence, le réel observable .

             Pourquoi aborder cette problématique dans un conte, un genre littéraire où triomphe l’imaginaire et la fiction ? Peut-être, précisément, parce que l’idée de Dieu est du domaine d’une sur-réalité étrangère à notre expérience quotidienne.

            Problème bien grave pour une fiction ! Certes, mais ses conséquences sur le modèle de société imposé par telle ou telle civilisation, a changé souvent le cours de l’histoire humaine et pourrait, me semble-t-il jouer un rôle déterminant dans l’avenir de l’humanité actuelle.

            Le sujet est traité sur le mode ironique par le Candide de Voltaire. Il n’apparaît certes qu’en filigrane dans le personnage du Petit Prince de Saint Exupéry. Il hante la philosophie moderne.

           En effet, la mort de Dieu, annoncée par certains philosophes, semble résulter d’un vision du monde mécaniste, imposée par le scientisme du XIX°siècle. Une nouvelle image du monde et du statut de l’homme dans l’Univers se dessine à travers les découvertes de la science contemporaine. Si elle se refuse à donner son avis sur cette question, elle n’écarte pas une problématique qui semble aujourd’hui s’effacer d’ailleurs devant une autre : une conception manichéenne de l’histoire humaine conçue comme un affrontement entre le Bien ( Dieu) et le Mal (Satan).

             C’est en persuadant leurs «fidèles» qu’ils agissaient au nom du Bien (Dieu), que les puissants ont jeté des peuples entiers dans des affrontements suicidaires. Dieu a donc servi de justificatif à leur volonté de puissance, à leur seule volonté d’imposer leur domination par la violence .

           Une nouvelle « image de Dieu » semble émerger de ces carnages « divins » qui ont émaillé l’histoire de l’humanité. Le christianisme la porte en germe. Celle d’un Dieu proche de la condition humaine, qui incite à la compassion, à l’altérité. Mais le christianisme lui-même s’est discrédité en imposant cette idée manichéenne d’une vérité, d’un bien qu’il fallait imposer au prix de massacres et de persécutions.

             J’ai donc essayé de montrer que la science, en proposant une vision d’un monde en évolution et en construction permanente, nous invite à repousser cette idée manichéenne opposant un Dieu incarnant l’idée d’un bien parfait, donc définitif, au mal, représenté toujours par l’autre, celui qui ne pense pas comme nous.

             Mais au delà de cette conception réductionniste, il y a les valeurs imposées par cette longue tradition, responsable de drames certes, mais porteuse aussi d‘une idée de l‘homme peu à peu affinée, humanisée. L’idée du Dieu de la Bible d’ailleurs est une découverte permanente, une dialectique constante, une évolution historique jamais close. Un homme nouveau me semble en émerger : un être conscient de l’importance de la qualité de sa relation à l’autre. L’autre c’est celui qui ne pense pas comme nous, ne semble pas croire aux mêmes valeurs que nous, mais a vocation (comme nous, à son égard) à nous faire devenir de plus en plus homme.

             Je rappelle la phrase célèbre d’Hamlet, le héros de Shakespeare. Certes, le dilemme « être ou ne pas être » ne concerne qu’un seul, Hamlet. L’ enjeu reste donc personnel. Mais en même temps, il peut concerner l’humanité entière. Notre sort ,en effet dépend du contenu de « ce concept d’être » . L’idée Dieu ne porte-t-elle pas en elle-même une certaine idée de l’homme, forgée par des siècles de traditions? Cette idée semble encore confuse, mais n‘est-il pas temps de la décanter? Cette vocation à l’être, suppose une double conversion à la raison et à l’amour.

               C’est, me semble-t-il, le message de Noël, fête consumériste certes, mais symbole d’espoir et de renouveau. Ce n’est sans doute pas un hasard si la date du solstice, annonciateur du printemps a été choisie ! Fête de l’enfant qui vient de naître, plein de potentialités, porteur d’un anti -destin, d’un renouveau à « révéler » par l’éducation et la culture

 

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