réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité
J’ai effleuré ce sujet dans ce conte. Beaucoup trouveront présomptueux d’aborder une problématique aussi complexe dans un blog. On peut en effet renvoyer dos à dos ces deux disciplines qui s’efforcent de définir toutes les deux pourtant, le statut et la place de l’homme sur une petite planète perdue dans l’immense Cosmos !
La philosophie est-elle prête à examiner la nouvelle vision de la destinée humaine qui se profile derrière les recherches et les découvertes scientifiques? Un homme façonné par la matière et l’émergence de l’intelligence et de la conscience, interconneté avec la totalité de l'Univers, y apparaît en filigrane !
La science peut-elle refuser les questions existentielles que ses travaux font resurgir quoiqu‘elle en pense? Est-elle capable de sortir de cet isolement qu’elle a voulu pour se libérer d’une métaphysique et d’un dogmatisme religieux qui la paralysait?
La rationalité et le mythe ne sont-ils pas deux formes apparentées de la pensée humaine? Il y a de la rationalité dans les mythes grecs. La pensée mythique est-elle étrangère à certaines hypothèses qui font avancer la recherche scientifique?
Les deux domaines certes diffèrent par leurs objectifs et leurs méthodes de travail. La spécialisation très poussée des chercheurs les écarte de toute considération philosophique.
Il est dangereux, comme l’on fait trop vite certains religieux de discerner le doigt de Dieu dans le surgissement de la matière énergie au moment du B.B. Pourquoi récupérer les découvertes scientifiques pour légitimer telle ou telle croyance religieuses ? C'est sur ce point que divergent pensée scientifique et religieuse.
Les religions, comme certaines étymologies le prétendent, nous relient à la divinité. Cependant si la théologie distingue Dieu de sa création, elle ne peut refuser cette filiation très étroite établie par la science entre l’Univers tout entier et nous. Ne serions nous pas à la fois du Monde et hors du Monde?
Les religions, comme la philosophie et les sciences, bénéficient, en effet, de cette prodigieuse capacité dont nous sommes dotés, de nous projeter par la pensée dans un monde étrange et déconcertant qu’elles nous invitent à découvrir au delà de ce que nos sens nous en disent .
Elles sont à la recherche d’une vérité, révélée pour les religions, à construire et à remanier constamment pour les sciences. Existe-t-il d’ailleurs une réalité phénoménale en soi , ou simplement un réel à reconstruire au grée nos découvertes ? Peut on nier le rôle du temps, créateur de changements qualitatifs de la matière et de notre statut d’humain? Serions nous là s’il n’avait donné à la matière énergie au prix d’innombrable bifurcations et transitions de phase, la possibilité de nous faire émerger? L'homme que la philosophie s'efforce de dessiner, a ,lui aussi, évolué avec le temps et sa confrontation à une culture scientifique qui modifie sa vision du monde.
Les religions des livres nous proposent une sagesse millénaire forgée par l’expérience d’innombrables générations humaines, orientée par des sages. Conservons précieusement cet héritage.
Mais l’évolution qui nous a lentement façonnés, montre scientifiquement à quel point notre présence sur cette planète , a bénéficié de ce temps créateur de l’ « émergence » d’ êtres étranges, dotés de capacités bien supérieures à celles de la matière énergie et même de celles nos premiers ancêtres. L’évolution est-elle terminée ou devons nous maintenant en prendre la direction, I.E. faire fructifier cet acquis dont nous sommes les dépositaires.
Toutes les religions et les philosophies ont mis l’accent sur le lien qui doit unir tous les hommes. La science donne un nouvel éclairage à ces conclusions, quand elle nous montre à quel point nous sommes interconnectés à tout ce que la matière énergie a façonné; donc ,au premier chef, à tous les êtres et à l’Univers tout entier. Elle nous propose donc l’image d’un homme responsable de son destin et de celui de ses semblables.
C’est en ce sens que ces deux domaines de la pensée me semblent beaucoup plus complémentaires qu’antagonistes. Seule la techno science, le « veau d’or » de notre époque, brise ces liens, isole les individus et leur fait oublier cette vocation à l’unité.