Je crois nécessaire de rappeler la vocation de ce genre littéraire qu'on appelle un conte. Il ne faut pas le lire comme un traité qui aurait la prétention de d'imposer des concepts philosophiques i.e. un prêt à porter idéologique, solution miraculeuse au problêmes du moment. Ironiser sur les institutions et les comportements induits par nos choix de société, ne signifie nullement qu'il faut tirer un trait définitif sur eux , mais plutôt les débarrasser des abus de pouvoir qu'ils ont permis et des conséquences désastreuses qu'ils ont engendrés. Il ne faut pas non plus, considérer le conte comme un genre mineur destiné seulement à distraire et à enchanter l'imagination des enfants. Beaucoup de grands écrivains ont eu recours à ce genre littéraire pour exprimer des idées et des sentiments que de savants traités ont du mal à imposer. J'ai donc choisi Candide et le Petit Prince, personnages fictifs, mais emblématiques de deux aspects de la condition humaine : l'étonnement émerveillé ou scandalisé et la raison illimitée dans ses tentatives pour comprendre l'Univers et la société et suggérer des solutions. Vous aurez peut-être le sentiment, si vous me lisez, que j'enfonce des portes ouvertes. Je ne suis pas le premier en effet à dénoncer les dérives suicidaires de notre civilisation et à suggérer des solutions en mettant en évidence les racines du mal. J'ai eu cependant la faiblesse de penser que caricaturer nos comportements moutonniers a plus de force de persuasion qu'un savant traité. J'ai voulu surtout rappeler cette capacité, spécifique de la condition humaine, de se projeter dans l'avenir. Imaginer un au-delà de notre condition d'êtres structurés par une évolution créatrice de la pensée, sur une petite planète, banale dans l'Univers, nous rend responsables, me semble-t-il, d'un futur que nous discernons mal et que nous sommes invités à anticiper .
Je n'ai pas la prétention de croire être le premier à le dire, même si j'ai voulu le "conter" autrement. Mais j'ai la faiblesse de penser, qu'il faut que cet appel à la raison et à l'amour soit répercuté, comme un écho dans le vide des idées ambiantes, avant qu'il ne nous engloutisse ! J'ai parfaitement conscience qu'il est bien prétentieux de croire que cette bouteille dans l'océan médiatique qui nous submerge, puisse accélérer une prise de conscience naissante. Mais faut-il pour autant se taire?
Je vous invite donc à lire ce conte publié aux éditions :
Edilivre Aparis, 56 rue de Londres, 75008 Paris Tel. : 0144909110