réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité
Une société autiste
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Dans « Un clin d’œil des étoiles », Candide et le Petit Prince passent comme des « ombres chinoises »sur la scène du théâtre de marionnettes que la comédie humaine projette.
Assourdis par la cacophonie médiatique et égarés dans le labyrinthe des cultures , sommes -nous encore capables de nous écouter, et surtout de nous comprendre? Les mots eux-mêmes et les souvenirs qu’il font resurgir en nous, ont-ils le même sens pour chacun d’entre nous.
Nous sommes devenus si intelligents d’ailleurs, que nous sommes capables, dans le même temps, de faire miroiter les multiples sens, les multiples facettes chatoyantes ou inquiétantes du même mot, sans lui donner une portée précise. La symbolique occulte ou prend le pas sur le sens,
C’est un peu comme dans les auberges espagnoles d’autrefois, chacun y apportait ce qu’il désirait consommer, paraît-t-il! Chacun, aujourd’hui, dans ce délire verbal, entend ce qui lui convient, ce qu‘il veut entendre.
Beau jeu de dupe, dans lequel les hommes politiques et les journalistes sont passé maîtres. Ces confusions de sens , ces ambiguïtés, ces effets de manches, les arrangent bien. Car chacun, comme au tribunal, croit y déceler ce qu’il désirait entendre ou ce qu’il honnit. Autrement dit chacun croit entendre, amplifié par l’éloquence et l‘ambiguïté des propos, l’écho de ses propres opinions ou de celles qu’il récuse.
Ballottés entre ces contradictions, ou nous acceptons d’être dupes ou nous affectons de douter de tout.
Les maîtres de la parole ont même une petite chance d’accroître leur clientèle en y agrégeant ceux qui sont sensibles aux accents gaulliens ou à la petite musique rassurante des promesses imprudentes, ensorcelantes; engagements purement verbaux, très vite oubliés.
Nous -sommes-nous demandés pourquoi nous restons accros à ces logorrhées « grandguignolesques ». Pourquoi leur effet ne s’émousse-t-il pas, pourquoi ces « grosses ficelles » fonctionnent toujours parfaitement?
Notre univers de béton, d’acier et de machines en tout genre est certes incontournable, mais il produit des effets pervers que nous ne maîtrisons plus. Il nous enferme dans un individualisme forcené dont seuls les orfèvres en belles paroles ont la clef.
Le rêve de l’émancipation par un enseignement initiateur d’une culture libératrice et universaliste, cède la place à la connaissance fragmentairement ,acquise, en quelques clics de « souris » et à une course à la technicité, censée préparer à un brillant avenir professionnel .
Vision pessimiste et caricaturale, penseront certains ! Faut-il briser tous nos ordinateurs, comme ceux qui ont voulu imposer leur « Kulture » en brûlant les livres porteurs de doute et de contestation? L’informatique, d’ailleurs, n’est qu’un instrument prodigieux qui véhicule de l’information et des connaissances.
La véritable culture se diffuse par le contact et l’écoute de gens cultivés, les écrivains notamment, ceux qui ont un «message », une histoire, un univers personnel à communiquer, à faire partager.
Car ils ne prétendent pas obtenir le suffrage des urnes, ou soulever les foules. Il paraît que l’édition se porte bien, qu‘il n‘y a jamais eu autant de lecteurs. C’est rassurant !
Serais-je donc autiste sans m’en douter? Suis-je à ce point coupé de mon époque que je ne puis y distinguer que le négatif? Aurais-je raison tout seul, ce qui revient au même? Shizofréne coupé d’un réel qu’il fuit, qu’il nie ?
La réflexion sur le sens l’aventure humaine enferme-t-elle celui qui pense dans un univers personnel , labyrinthe dont il ne trouve plus la sortie ?
A toi, cher lecteur, égaré dans... le labyrinthe de mes propos, d'en juger !!!