réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité
La république du bavardage
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Dans le conte « Un clin d’œil des étoiles » je mets en cause, à plusieurs reprise les médias .
S’ils ont un rôle essentiel à jouer dans une démocratie, les moyens de communications offerts par la technologie : radio, télévision , Internet, créent un nouveau type de relations humaines où dominent la parole et l’image affranchies du filtre de l’analyse que permet l’écrit. C’est ce constat qui m’incite à faire des réserves.
La cohésion sociale semble donc reposer essentiellement sur les paroles réconfortantes ou alarmistes distillées à la sauce médiatique, par nos dirigeants et ceux qui prétendent représenter leur opposition.
Les médias en effet, obligés de simplifier et de ne retenir dans l’urgence, que ce qui peut frapper l’auditeur ou le téléspectateur, ne donnent qu’une version tronquée des évènements et des déclarations.
De même nos dirigeants, dans l’urgence, font des mises au point imprécises, mal calibrées, dans un vocabulaire dont ils n’ont pas pesé l’impact, ou qu’ils veulent volontairement ambigues pour tester la manière dont leur « message » sera reçu !
Ainsi les points de vue s’affrontent, comme dans un prétoire les plaidoyers des avocats, sans jamais se rencontrer, pour parvenir à des compromis raisonnables. On oublie que la politique est avant tout l’art du possible et non celui de la satisfaction de tous les désirs, comme le voudrait la société de consommation !
Les avocats prétendent faire triompher le point de vue de leur client, le protéger contre « une erreur judiciaire » , ou simplement obtenir une réduction de sa peine.
Or en politique les enjeux ne concernent pas seulement une « clientèle » ou un groupe de pression. C’est l’intérêt supérieur du pays, donc d’hommes et de femmes dont les " intérêts" sont nécessairement divergents. Il s‘agit donc de définir avant tout ce bien commun que les politiques doivent défendre. Les données du problème dans une société moderne sont si complexes qu’ils ne peuvent émerger de joutes oratoires qui ont pour but essentiel de convaincre à tout prix ou de stigmatiser l’adversaire !
Cet impérialisme de la parole et du numérique, marginalise également la presse écrite dont le rôle est pourtant essentiel dans une démocratie.
La parole certes a prévalu à l’Ecclésia, la première assemblée prétendument populaire, bien que minoritaire dans le rapport démographique de la cité d ’Athènes. Elle avait déjà d’ailleurs fait la preuve de ses effets pervers en période de crise.
La République qui a émergé des Lumières et de la Révolution de 1789 a consacré le règne des lois écrites mises à la portée de tous les citoyens. "Nul n’est censé ignorer la loi" dans notre système judiciaire. Seul l’écrit peut garantir sa transmission exacte et les commentaires que suscite son application. Chaque fois que les médias ont voulu se mêler d’affaires judiciaires en cours, ils ont entravé la sérénité de l’instruction et de la justice.
La parole certes est le signe distinctif de l’humanité, mais elle a besoin de passer par le filtre de la réflexion écrite pour se revêtir du caractère quasiment sacré qui impose son respect.
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