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réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité

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La planète Utopia

La planète « Utopia »

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                Nous savons que les étoiles scintillent à cause de l’instabilité des couches de l’atmosphère. C’est ce qui m’a permis de titrer mon conte « Un clin d’œil des étoiles ».

                Mais le clin d’œil qu’elle font à mes lecteurs potentiels est évidemment d’un autre ordre. Il est de bon ton de dire que les astronomes amateurs ou professionnels, ont la tête dans les étoiles. Manière de suggérer que ce sont de doux rêveurs qui ne s’intéressent guère à nos problèmes de terriens ! Ce sont sans doute de grands poètes, dans la mesure où ils nous entraînent vers des mondes que nous n’osions à peine imaginer avant qu’ils ne nous en révèlent l’étrangeté et la splendeur. Mais ce pèlerinage aux sources, non d’une culture ancestrale, essentiellement religieuse, mais vers nos origines biologiques les plus lointaines, celles des étoiles et de l’Univers, change notre vision de la destinée humaine, comme les grandes découvertes au XV°siècle.

             Allons nous instituer une citoyenneté de l’Univers avec des civilisations extraterrestres dont nous ignorions l’existence? La S.F. se charge de ce style d’utopie qui alimente nos imaginations enfiévrées, donc un peu délirantes.

            L’astrophysique et l’astronautique ont des ambitions beaucoup plus modestes. Démontrer que le vivant, sous ses formes les plus élémentaires, n’est pas une exclusivité terrestre, constituerait déjà une formidable révolution conceptuelle. Expliquer par quel processus physique l’Univers a surgi de rien, ou de presque rien, puisque les physiciens ont démontré que le vide, synonyme de rien, est plein d’énergie, donc de matière potentielle; est un bond prodigieux de la connaissance.

               Mais les atomes de notre corps sont eux-mêmes pleins de vide. Comme je le fais dire au Petit Prince : il n’est pas étonnant que nous soyons aussi « légers », bien que nous nous efforcions de nous enfler comme la grenouille de la fable.

            Cette « réalité », dont nous voudrions bien connaître les fondements ultimes, nous fuit dans les accélérateurs de particules de plus en plus puissants. Nous disposons bien d’une lime, la science, pour scier les barreaux de notre prison terrestre. Mais après avoir quitté l’utérus de notre Terre- mère, où nous conduira notre navigation audacieuse et périlleuse sur les océans cosmiques, au grès des houles gravitationnelles ? Nous révèlera-t-elle enfin notre vraie nature d’êtres des lointains, illimités dans leurs ambitions et dans leurs rêves, mais limités dans leurs réalisations? Il y aura toujours un « ailleurs et un autre » dont nous serons toujours orphelins !

               Comme la mouche qui aperçoit un "ailleurs" derrière la vitre qu'elle ne peut franchir, nous préférons parfois en nier l’existence, car il ne fait pas partie de notre ici et maintenant.

               Cet ailleurs faut -il l’habiller d’un vêtements religieux ou philosophique, nécessairement trop étroit et mal taillé ? Faut-il le nier et nous contenter d’ajuster au mieux à nos désirs et à nos rêves cette enveloppe de matière énergie qui nous constitue ? La Nature certes nous a richement dotés et l’image biblique de l’Eden, ternie par je ne sais qu’elle faute prométhéenne, pourrait trôner sur nos table de nuit.

               Mais cette image a seulement la saveur d’un mythe riche  de sens et l’Eden est en train de se transformer en Enfer. Prométhée n’est donc pas mort et son supplice durera-t-il jusqu’ à ce que les étoiles nous tombent sur la tête, comme le prédisent les Ecritures?

               Les clins d’oeils si lointains, d’étoiles encore inaccessibles pour longtemps, sont évidemment symboliques ! Ils m’ont paru nous rappeler à la fois nos origines cosmiques et les aptitudes exceptionnelles qui nous permettent contrairement à la mouche, de nous projeter par la pensée de l’autre côté de la vitre, bien au-delà de la vitre ! Telle est me semble-t-il notre condition d‘homme !.

 

 

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