"Un clin d'oeil des étoiles": conte philosophique de jean Marcou
11.07.2008
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Par Jean Marcou
Le concept d'émergence développé dans plusieurs chapitres, doit être dépouillé de certaines ambiguités. Il ne s'agit en effet, ni d'un retour du mystère et d'un certain vitalisme dans le domaine des sciences de la vie, ni du rejet du déterminisme, fondement de la science occidentale. J'ai cependant voulu souligner que le principe d'incertitude de la mécanique quantique et celui d'incomplétude invoqué par Gödel, relativisent notre capacité à connaître un réel en recomposition évolutive permanente et soumis à l'irréversibilité temporelle. La science de l'émergence qui se développe aujourd'hui, confortée par les travaux de Prigogine sur les structures dissipatives, n'est plus certes celle de Laplace, qui ne prétendait d'ailleurs pas à la toute puissance du déterminisme absolu. La méthode réductionniste elle-même, joue encore un rôle esentiel dans le domaine de la physique des particule dites "élémentaires". Elle permettra même peut-être de synthétiser en laboratoire des cellules vivantes et de démontrer ainsi que la création est essentiellement une propriété de la matière énergie. Elle permettra aussi sans doute de découvrir sur des planètes extrasolaires, des expressions du vivant différentes de leurs homologues terrestres. Ce qu'elle ne peut pas faire, c'est à mon sens, réduire l'homme et la conscience qu'il a, d'être au monde, sans être totalement de ce monde, auxprocessus matériels qui le permettent. Le cerveau que la complexité évolutive lui a "offert", lui permet en effet de s'abstraire du monde et de se projeter au delà de son enveloppe corporelle et terrestre, pour penser cet univers qui l'a constitué et même de se penser au delà de l'espace et du temps, donc comme immortel. Anthropomorphisme récurent sans doute, cette prétention humaine à poser des questions sans réponses et de se penser comme un être échappant à l'espace temps qui l'a structuré? Ne sommes nous pas ici dans le domaine des mythes spécifiques et fondateurs de l'espèce humaine elle-même? Mais la science n'a-t-ellepas besoin parfois elle-même du mythe, ce prodigieux accéléateur de la pensée humaine? Le concept d'émergence me semble précisément l'antidote contre ce mythe dangereux d'une science toute puissante qui voudrait réduire notre univers à une gigantesque machinerie, dont nous pourrions connaître bientôt tous les rouages. Elle veut surtout mettre l'accent sur l''infinie" complexité qui a permis notre apparition sur une planète, sans doute très ordinaire. Elle a pour but de décrypter un nombre de plus en plus grand de niveaux de la complexité évolutive, sans prétendre établir des lois explicatives et reproductibles infaillibles. Cette conception d'une sciencequi reconnaît ses limites pour mieux les "contourner"et utilise les obstacles rencontrés pour rebondir, nous invite à prendre en main un destin envisagé comme une conquête de la pensée, passionnante, jamais achevée, toujours à réactiver.