réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité
Les mots sont des armes
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Le langage nous permet de communiquer, de transmettre, mais aussi de nous construire, de construire notre propre monde et parfois de l’opposer ou de constater des convergences avec celui des autres.
Dans le premier cas c’est l’affrontement , la guerre. Dans le deuxième c’est l’amitié , l’amour. Dans un cas médian, le plus dangereux, c’est l’imprégnation de points de vue acceptés sans le filtre de l’esprit critique.
Aucune communication par le langage n’est neutre, certes : littérature, médias, débats , discussions. En communiquant, nous avons tous le désir, au mieux, d’échanger des points de vue pour nous forger une opinion, au pire d’ insuffler notre pensée, de la faire partager , de l’imposer. Nous poursuivons donc un but, un dessein. Il est légitime, quand il propose à la réflexion du lecteur ou de l’auditeur une pensée ouverte, une remise en question équilibrée du socialement politiquement ou religieusement correct.
Malheureusement l’instrumentalisation du propos est le plus souvent travestie, quand il veut faire admettre une opinion qui fâche certains, pour conforter un pouvoir et y faire adhérer le plus grand nombre. Les nazis ont utilisé habilement une propagande dosée en fonction de l’idolâtrie inconditionnelle pour le chef et l’obéissance passive des autres. Le refus du système dans ce cas, provoque une… « exclusion » immédiate des brebis galeuses qui deviennent des « boucs »émissaires sacrifiés sur l’autel de la pensée dominante.
L’éveil des consciences par l’éducation de la réflexion, ne suit pas malheureusement la démographie galopante et les brassages de population liés aux flux migratoires.
Les médias détiennent dès lors un pouvoir redoutable. Ils semblent « condamnés » à dispenser une culture au rabais et une pensée socialement correctes; s'ilsne tombent pas bien sûr dans le piège de la propagande dans lequel les pouvoirs ont toujours la tentation de les enfermer. Mais les documents et les enquêtes qu’ils proposent ,peuvent entraver la recherche de la « vérité ». Le journaliste ou sa rédaction peuvent être tentés de présenter avant les autres, donc à chaud, sans vérification suffisante, une actualité conforme à leurs opinions personnelles.
Vous me rétorquerez qu’il n’y a pas d’ information neutre, pas plus que de pensée. Elles reflètent toujours une « histoire » personnelle. Certes, mais comment des lecteurs ou des spectateurs, non préparés au passage au crible de la réflexion, des idées émises, vont-il réagir au discours orienté qu’il reçoivent ?
Il est sans doute sain d’être confronté à un bain d’opinions très diverses et souvent antagonistes, mais nos sociétés nous y préparent-elles par un enseignement de l’esprit critique ?
Montaigne retenait son jugement tant qu’il ne s’était pas « frotté la cervelle » à des pensées et des mœurs d’époques et de pays différents. Pouvons-nous, nous forger une opinion éclairée sans connaître cette histoire de la pensée. C’est cela la culture !
La démocratie n’est pas à l’abri de cette perversion dissimulée du langage. C’est ce que j’ai voulu montrer sous la forme d’un conte, dans « Un clin d’œil des étoiles ».
Il faut nous habituer à la vigilance et à la remise en question permanente de toute information qui cherche à abuser notre liberté de pensée, pour nous compter parmi ses « croyants ».