réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité
Démocratie et revendications
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L’exercice de la démocratie exige une opposition vigilante aux décisions du Prince et de la représentation nationale.
Dans une société où les machines nous rendent de plus en plus autonomes, donc individualistes, toute décision contraire à nos intérêts particuliers soulève des protestations. Comment ne pas comprendre certes qu’un projet d’autoroute passant à proximité des maisons d’un village ne suscite un levée de boucliers?
Nous craignons à juste titre les études des technocrates qui précèdent des décisions souvent nuisibles à l’environnement, donc contestables. Mais nous avons élus des représentants chargés d’apprécier la validité de tels projets. Remettre constamment en question les décisions qu’ils prennent, n’est-ce pas refuser le fonctionnement normal des institutions démocratiques ?
Les décisions de justice elles-mêmes soulèvent des manifestations de refus parfois violentes. Les avocats sont tentés de surfer sur l’émotion provoquée par telle condamnation et de trouver à leur client des circonstances atténuantes et même déculpabilisantes, qui nient les droits les plus élémentaires des victimes et de la société.
Inversement , une tendance de plus en plus grande à la victimisation apparaît. La société et l’état qui la représente, sont constamment mis en accusation. L’histoire elle même est instrumentalisée par certaines communautés qui réclament la reconnaissance de leur qualité de victimes. On se croirait parfois dans une société régie encore par le code d’Hammourabi, ce souverain mésopotamien qui avait prévu des compensations financières pour chaque préjudice. On demande même des indemnisations pour les blessures d’amour propre.!
Comment d’ailleurs s’étonner de ces réclamations dans une société où l’argent donne un statut, une respectabilité auxquels chacun tient légitimement. Le rejet et l’exclusion de fait des SDF, en est la preuve. Les efforts louables pour y porter remède cachent
notre honte pour un système économique qui secrète inévitablement la mise à l’écart de ceux qui ne peuvent s’y intégrer.
A ce sombre tableau, il faut ajouter la mauvaise foi qui se profile derrière certaines revendications irréalistes, qui n’ont pour but que de conforter certains groupes de pression , certain lobby.
La démocratie est sans doute à ce prix. Mais comme le proclamait, paraît-il E. Herriot, ce ténor de l’Assemblée sous la IV° république :
« La démocratie c’est comme l’andouille. Il faut qu’elle sente un peu la merde ,mais pas trop ! »