réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité
Une crise morale
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Candide et le Petit Prince pointent tout au long du conte qui les associe, les disfonctionnements et les perversions de nos sociétés dites développées.
C’est donc une prise de conscience, plus que des solutions miracles, que je propose. C’est aussi et surtout, une méditation sur la fragilité et les paradoxes, de ce que j’appelle l’aventure humaine.
Jetés par une naissance que nous n’avons pas choisie, sur une petite planète insignifiante à l’échelle de l’Univers, nos activités et les distractions nous évitent de nous poser les questions qui donneraient du sens à nos vies, tendues vers la recherche de l’amélioration constante de nos conditions d’existence.
Ce n’est pas une solution religieuse, mais plutôt philosophique que je propose. En effet, les convictions religieuses sont affaire très personnelle et parfois même un héritage familial ou culturel respectable.
Il me semble d’ailleurs qu’ une prise de conscience de notre responsabilité personnelle dans les équilibres de la planète et dans la qualité des relations interpersonnelles, fait son chemin. Tout n’est donc pas aussi noir que le conte peut le faire apparaître !
Mais le problème central de nos sociétés c’est que leur équilibre fragile repose sur une économie qui exige toujours plus de croissance, donc de pouvoir d’achat, pour absorber une production exponentielle. Il faut donc donner l’illusion par le crédit que les objets offerts à nos yeux dans les vitrines sont désirables et à notre portée. La publicité nous persuade donc que légitimement nous devons participer à cette grande fête de la consommation à la quelle nous sommes constamment conviés . La célèbre formule : « métro, boulot, dodo » est de plus en plus d’actualité. Elle réduit l’homme à la dimension animale : prédateur , consommateur.
J’insiste donc dans ce conte sur l’importance de la connaissance scientifique . Non qu’elle puisse réduire nos problèmes d’éthique qui associent le rationnel avec l’ affectif et l’ existentiel, mais parce qu’elle élargit notre vision du monde. Elle réveille ainsi en nous une dimension mise entre parenthèses par notre système économique : cette faculté de nous projeter au delà d’un présent tyrannique. Elle nous aide à prendre conscience que nous appartenons par toutes les fibres de notre corps à ce monde, mais lui échappons grâce à la conscience que nous avons de pouvoir nous projeter toujours au delà. Cette faculté , je l’appelle transcendance.
Ce n’est pas sa connotation religieuse que j’ai retenue, même si elle ne l’exclut pas; c’est cette capacité de notre esprit au dépassement permanent dans le rêve ,l’utopie, le mythe qui donnent une autre dimension à nos vies.
Les fondements du réel nous sont sans doute à jamais interdits. La réalité n’est-elle pas seulement un mythe, de même que la vérité. Ne nous fuit-elle pas sans cesse au moment même où nous croyons l'avoir apprivoisée ?
Nous ne devons pas nous laisser réduire à la recherche du toujours « plus » qui exacerbe les individualismes. La science jette certes une faible lueur sur nos origines, mais cette clarté, si faible soit elle, est pleine de sens. Elle souligne en effet la parenté qui nous lie à tout ce qui existe. Cette capacité qu’elle nous donne de dépasser nos perceptions sensorielles, nous invite à relativiser notre présence éphémère dans ce monde trompeur des «phénomènes» .
Bien sûr nous ne sommes pas seulement des êtres de raison. Cette raison d’ailleurs ,qui nous ouvre les portes de l’Univers profond, rencontre ses limites. Et ce sont ces limites qui nous invitent à nous projeter au-delà dans le rêve et l’utopie !
Les mythes de toutes les cultures nous renseignent sur d’autres aspects plus profonds de notre personnalité. Ils nous permettent donc de nous construire en donnant du sens à ce qui paraît ne pas en avoir.