réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité
Imaginons notre planète, donc la civilisation humaine menacée de disparition brutale.
Si le ciel nous tombait sur la tête ! La fiction peut parfois être très proche de la réalité. De grosses météorites croisent souvent dans la banlieue terrestre. Astéroïde ou comète, la vallée de la Toungouska a connu ce genre d’apocalypse.
N’oublions pas que la vie est ,par définition un phénomène transitoire. Elle est née d’une succession de déséquilibres. L’évolution ne nous aurait jamais conçus sans une cascade de bifurcations imprévisibles, dans les « arrangements » de la matière-énergie. Elle est née d’une remises en question permanente de milliards de configurations d’atomes et de molécules. C’est un fleuve tumultueux qui change souvent de lit, déborde, s’assèche. Rien ne laissait prévoir l’homme, au moment de ce que l’on nomme improprement le B.B.. Notre avènement était certes possible, puisque les paramètres de l’événement ne l’interdisaient pas. Il restait totalement aléatoire.
Nous sommes donc un produit émergent, très improbable à l’origine de l’évolution. Cela signifie que la Nature a accumulé en nous, au terme d’une très longue « élaboration », des potentialités quasiment infinies, parce qu’elles dépassent celles des constituants de notre corps. Infinies ? Faut-il bannir le mot de notre vocabulaire parce qu’il est un aveu d’ignorance ? Incalculables en tout cas, tant leur nombre est élevé.
C’est pour cela que nous sommes ,comme les deux personnages que j’ai choisis dans mon conte, à la fois dans le temps et hors du temps. Nous échappons , comme eux, aux contraintes que notre corps et notre culture nous imposent. C’est, me direz-vous, un procédé littéraire commode pour donner l’onction de l’éternité à des jugements qui sont pourtant bien contemporains.
Pour moi, ce n’est pas tant le regard que mes deux personnages portent sur notre époque, qui me paraît essentiel. C’est le fait que les créations de notre esprit dont ils sont l’expression, échappent au temps. Elles acquièrent une réalité qui est hors du temps. C’est le cas des sciences et des arts spécifiques à l’Humanité.
Qu’adviendrait-il alors, si un cataclysme planétaire effaçait la race humaine de notre Terre? Que deviendraient ses expressions immortelles de l’esprit humain? Seraient -elles perdues à jamais, comme si elle n’avaient pas existé, puisqu’elle n’auraient aucun sens pour les insectes, seuls survivants sans doute du cataclysme ? Que deviendrait alors ce statut d’immortalité précédemment affirmé? La réponse renvoie en effet à une autre question d’essence métaphysique. Une réalité voilée indépendante de notre Univers de matière énergie, pourrait-elle garantir cette immortalité?
Question vertigineuse, à jamais sans réponse satisfaisante pour la raison et pour le coeur !