réflexions sur la condition humaine et l'avenir de l'humanité
Le Petit Prince au cours de sa deuxième expérience terrestre et Candide à son contact, ne découvrent pas seulement les contradictions et les perversions des hommes de notre époque. Il sont conduits à comprendre que la source de tous ces "errements " c'est le choix de la jouissance immédiate et sans modération des biens de ce monde, dont nous sommes le produit, au détriment de l'être.
L'idée n'est pas nouvelle certes et elle a même une connotation religieuse et métaphysique. Cette intuition a été en effet personnifiée, est devenue un concept religieux ou philosophique. Elle me semble avant tout une spécificité humaine dont l'évolution nous a dotés.
L'hominisation en effet suppose un saut qualitatif, une émergence qui nous permet de prendre nos distances, sans les renier avec ces niveaux d'organisation de la matière énergie sous-jacent à notre nature. En nous donnant accès à la conscience de nous et du monde, en nous permettant de penser cette évolution dont nous sommes le produit, ils nous invitent à la parachever par la prise de conscience d'un "au-delà du monde" qui nous donne des responsabilités. Cette problématique de l'être en effet, c'est la prise de conscience que la personne humaine a quelque chose d'inaliénable qui dépasse même son existence présente, son"enveloppe terrestre";
parcequ'elle est capable de se projeter, paradoxalement, au delà du temps et de l'espace qui la délimitent !
Cet "au delà du monde", est-ce seulement l' affaire des religions et des métaphysiques dont la science à juste titre se méfie?
Cette projection au delà de notre existence terrestre, ne nie pas ses fondements matériels. Nous ne pouvons penser sans les échanges chimiques, les neuro-transmetteurs à l'oeuvre dans notre cerveau. Mais pouvons nous réduire la pensée à ces processus qui la permettent ,mais n'en expliquent pas la portée sans limite, quasiment infinie ? En reniant ce cadeau merveilleux mais exigeant de l'évolution nous interrompons son avancée, nous nageons à contre courant. nous nous condamnons à l'échec et à la regression. C'est cela que j'ai voulu plaider dans ce conte.